Réseaux sociaux, le nouveau combat des politiques

26 août 2019 / Par La Rédaction

S'imposer sur les réseaux sociaux : c'est l'un des défis que devront relever les candidats à la présidentielle pour pouvoir draguer un électorat jeune.

 

À l'approche de la primaire de la gauche, les sept candidats retenus multiplient leurs apparitions à l'antenne et sur les plateaux télévisés. Mais il est un autre espace de campagne qui joue un rôle extrêmement important : il s'agit des réseaux sociaux comme Facebook, Twitter ou encore Instagram. Maîtriser les codes des réseaux sociaux est un enjeu déterminant pour les candidats politiques en campagne.

 

En 2008, aux États-Unis, Barack Obama remporte l'élection présidentielle, après une campagne extrêmement bien menée, dans laquelle les réseaux sociaux ont joué un rôle prépondérant. Celui-ci s'était offert les services de Chris Hugues, un des cofondateurs de Facebook, qui était parvenu à rassembler un demi-million de militants qui, en jouant un rôle d'émissaires sur la Toile, sont devenus des acteurs centraux de la campagne. Depuis, les politiques français se sont empressés d'investir ces espaces virtuels qui constituent de véritables viviers d'électeurs.

Multiplier la visibilité du candidat

Désormais, les réseaux sociaux s'imposent comme un outil de communication plus important encore que les médias pour les hommes politiques. Une étude de l'American Press Institute et de l'Associated Press-NORC Center for Public Affairs Research datant de 2015, réalisée auprès de jeunes de 18 à 34 ans, souligne que 88 % des sondés inscrits sur Facebook s'informent régulièrement par ce biais. Une communication bien menée et de grande ampleur sur ces plateformes sociales permet donc de disposer d'une forte visibilité, mais aussi de draguer un électorat moins sensible aux médias traditionnels.

 

Depuis Obama en 2008, Facebook s'impose comme la première plateforme susceptible de multiplier la visibilité du candidat. Une présence active sur le réseau est indispensable pour mener à bien une campagne. Et cela, les candidats à la primaire de la gauche semblent l'avoir compris, pour la plupart. Avec plus de 100 000 likes sur sa page Facebook, Manuel Valls est celui qui dispose de la plus grande popularité sur le réseau. Il est suivi de près par Arnaud Montebourg et Benoît Hamon qui comptent respectivement plus de 69 000 et près de 50 000 likes. Les quatre autres candidats ne bénéficient pas d'autant de popularité sur la plateforme. Dans l'ordre des personnalités les plus « likées », on trouve François de Rugy (plus de 7 000 likes), suivi de près par Sylvia Pinel (près de 7 000 like), et enfin Vincent Peillon (437 likes) et Jean-Luc Bennahmias (202 likes).

Popularité des candidats sur Facebook et Twitter

Cette « course aux likes » entre les candidats peut sembler dérisoire. En réalité, plus une personnalité est « likée », plus le contenu publié sur la page sera diffusé et plus cette personne bénéficiera d'une grande visibilité pour diffuser ses idées. Facebook est un espace de communication extrêmement inégal entre les personnalités populaires et celles qui ne le sont pas. Si l'on en croit cette logique, le trio Valls-Montebourg-Hamon contiendrait le vainqueur de la primaire de la gauche. Manuel Valls, en tant que premier serait favorisé, mais il convient toutefois de recontextualiser cette popularité virtuelle avec le contexte politique. Être le premier sur les réseaux sociaux ne signifie pas être favori pour remporter la primaire. Cela augmente cependant l'influence et donc les chances de sensibiliser le plus d'électeurs possible.

Stratégies de communication différentes

C'est d'ailleurs pourquoi plusieurs de ces candidats n'hésitent pas à investir d'autres plateformes prisées des internautes. Sur Twitter, le classement de popularité des participants à la primaire est presque semblable à celui de Facebook. On trouve à nouveau en tête de liste Manuel Valls (537 000 abonnés), suivi par Arnaud Montebourg (347 000 abonnés) et Benoît Hamon (248 000 abonnés). Vincent Peillon obtient cette fois la 4e place (avec 57 000 abonnés). Enfin, sur Instagram, plateforme d'échange de photos en plein essor qui réunit un public très jeune, seuls deux candidats sont influents. Il s'agit d'Arnaud Montebourg, qui réunit plus de 1 000 abonnés, et de Benoît Hamon, qui en compte plus de 950. Manuel Valls, Vincent Peillon et Sylvia Pinel rassemblent à eux trois 7 abonnés (zéro pour Manuel Valls) ; tandis que François de Rugy et Jean-Luc Bennahmias ne possèdent même pas de compte.

Arnaud Montebourg et Benoît Hamon sont donc les deux candidats les plus présents sur les réseaux sociaux, tandis que Manuel Valls dispose d'une très forte influence sur deux plateformes spécifiques. Des stratégies de communication différentes, destinées à toucher un même public. Celui des jeunes électeurs actifs sur les réseaux sociaux, qui pourront influer sur la campagne et y participer en diffusant idées.

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